le jeudi 30 avril 2020 | 1

Répondre aux consultations publiques sur la traque des blaireaux

À la suite de la publication de nombreux arrêtés préfectoraux en faveur de la chasse aux blaireaux, nous vous proposons des arguments pour participer aux consultations publiques et vous opposer à ces massacres.
Comme toujours, les avis ne sont pas pris en compte par les autorités préfectorales s'ils sont jugés injurieux, opposés à la chasse par principe, hors sujet, etc. Il faut à tout prix éviter également les copiés-collés et les avis trop polarisés. Reformulez donc avec vos propres mots, tout en veillant à rester dans un registre qui sera pris en compte par les préfectures concernées!

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Arguments communs aux trois types d’arrêtés

Les blaireaux : une dynamique de population lente à protéger

La croissance des populations de blaireaux est naturellement faible, la mortalité infantile étant très importante (50% des jeunes meurent la première année).

D’autre part, les populations de blaireaux sont fragiles, les accidents de circulation sont aujourd’hui la première cause de mortalité des blaireaux, ils doivent également faire face à la disparition de leurs habitats naturels, il n’est donc pas nécessaire d’ajouter une pression exogène supplémentaire sur cette population.

Les blaireaux européens (meles meles) figurent sur la liste des espèces protégées à l’annexe III de la Convention de Berne de 1979.

Ainsi, plusieurs pays européens comme notamment l’Espagne, la Belgique, le Danemark ou encore les Pays-Bas considèrent ainsi les blaireaux comme une espèce protégée dont la chasse est interdite. 

Ces pays ne rencontrent pas les problèmes qui justifient la destruction des blaireaux en France : dégâts aux cultures ou infrastructures. Du moins, des méthodes non létales sont mises en place avec succès.

L’absence de certitude quant à l’état de conservation du blaireau en France doit impliquer sa protection

Nous disposons de très peu de données sur l’état de conservation des blaireaux en France. De rares études sont menées localement mais elles ne permettent pas de connaitre le nombre de blaireaux au niveau national. Il est donc nécessaire de mener des enquêtes de terrain, avec un recensement des terriers habités et secondaires pour obtenir un état des lieux actualisé et fiable sur les populations de blaireaux en France, au niveau départemental et national.

La continuation des activités de chasse tout au long de l’année, sans connaissance de la population ni de l’impact des prélèvements, met en péril la survie des blaireaux en France.

Aux Pays-Bas, il a ainsi fallu attendre que les blaireaux soient en voie de disparition dans les années 1980 pour qu’ils obtiennent le statut d’animal protégé. 

Continuer à exercer une prédation sur les blaireaux sans avoir connaissance des effets des prélèvements sur leur état de conservation contrevient au principe de précaution qui affirme qu’en l’absence de certitude scientifique sur les effets potentiellement graves d’une action sur l’environnement, celle-ci doit être interdite.

La vénerie sous terre : un loisir cruel et violent

La chasse sous terre dont les blaireaux sont encore victimes en France au nom de la tradition est une pratique d’une cruauté sans nom durant laquelle certains individus sont traqués pendant des heures dans leur terrier à l’aide de chiens, puis tués, à coups de hache, de pelle ou de carabine d’abattage à canons sciés.  

Cette pratique entraine stress et souffrance pour les animaux, et laisse les survivants traumatisés et désorientés. Le reste de la famille peut être enterré vivant par obstruction des accès.

Le déterrage est interdit dans la plupart des pays européens, seule la France et l’Allemagne l’autorise encore en Europe de l’Ouest.

Cette pratique cruelle n’a pas d’autres objectif que celle d’assouvir le sadisme des veneurs dans la mesure où la chair des blaireaux n’est jamais consommée. 

La vénerie sous terre a des conséquences désastreuses sur les autres animaux et la biodiversité. Les terriers, souvent habités par d’autres animaux, sont dégradés quand ils ne sont pas détruits, et les entrées et sorties peuvent être obstruées condamnant également les autres habitants à une lente agonie.

Arguments spécifiques aux battues administratives motivée par le L.427-6 du code de l’environnement :

Dégâts aux cultures et aux infrastructures

Il est très difficile d’identifier les blaireaux comme responsables de dégâts aux cultures car ses dommages peuvent être confondus avec ceux des sangliers. Les dégâts avérés sont minimes en termes financiers et ne justifient pas un tel acharnement.

Comme pour les potentiels dégâts aux cultures, les dégâts aux infrastructures (digues ou emprises ferroviaires), il est possible de les prévenir par des mesures non-létales efficaces : clôtures, grillages ou encore barrières olfactives.

Lorsque cela n’est pas possible, il est envisageable de relocaliser la population des blaireaux :  sas anti-retour et obturation des terriers après le départ des blaireaux, et création de terriers artificiels s’il n’y a pas d’autres lieu de relocalisation.

Les Pays-Bas, où les digues sont nombreuses, considèrent les blaireaux comme une espèce protégée et parvienne à cohabiter avec lui en harmonie.

Tuberculose bovine

Nous disposons aujourd’hui de très peu de données sur le rôle joué par les blaireaux dans l’épidémiologie de la tuberculose. Son rôle étant conditionné par les structures familiales et les modèles de déplacements, il est nécessaire de mener des études localisées et contextuelles avant toutes mesures de destruction.  

Dans son avis du 20 août 2019 l’ANSES affirme que les données disponibles en France sur le rôle des blaireaux montre qu’ils sont des hôtes de liaison et non des hôtes de maintien de la tuberculose.

La contamination pouvant se faire de manière directe ou indirecte, il est donc important de mettre en place un système de surveillance strict des troupeaux dans les zones à risque. Des mesures dissuasives peuvent également fonctionner pour éviter les contacts entre des bovins potentiellement malades et les blaireaux : clôtures, et barrières olfactives. 

Arguments spécifiques à l’extension de la chasse à partir du mois de mai

La destruction des blaireaux à partir du mois de mai met en péril leur population

L’extension de la période de chasse et notamment au printemps constitue une mise en danger de la population des blaireaux car elle intervient en pleine période de reproduction et de mise bas. 

L’accouplement des blaireaux a lieu de janvier à mai, la durée de gestation est de 6 à 7 semaines, puis la période de mise bas intervient de mi-janvier à mars.

Les blaireautins sont dépendants de leur mère pendant trois mois car c’est leur seule source de nourriture. Ils commencent à sortir du terrier un mois et demi après leur naissance mais ne sont pas pour autant indépendant. 

Ainsi, les périodes d’abattage des blaireaux qui ont lieu au mois de mai rentre en opposition avec l’article L.424-10 du Code de l’Environnement qui prévoit qu’il est interdit de détruire « les portées ou petits de tous animaux ».

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Commentaires 1

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Dominique | mardi 19 mai 2020

Les blaireaux figurent sur la liste des espèces protégées, nous ne connaissons pas le nombre de blaireaux au niveau national, et devons stopper la chasse. Ils sont tués car on les rend responsables de la destruction des cultures et des infrastructures: il est possible de poser des grillages et clôtures pour y remédier. Nous devons abolir la vénerie sous terre qui est cruelle. En outre, la destruction des blaireaux à partir de mai met en péril leur population, les mères sont tuées.